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Chez les « danis » de la vallée de Baliem, Papouasie occidentale
Plus de 400000 km2, presque aussi grand que la France, c'est la dimension de la partie ouest de l'Ile de Papouasie ou Irian Jaya. Une vaste chaîne montagneuse traverse l'île d'ouest en est et culmine à plus de 5000m. Avec seulement 2 millions d'habitants, répartis en de très nombreuses ethnies et tribus originales la Papouasie occidentale est très faiblement peuplée. L'Irian Jaya est la province la plus grande et la plus orientale de l'Indonésie. C'est une région d'une exceptionnelle grandeur naturelle avec des forêts comptant parmi les plus hostiles au monde. La rivière Baliem traverse la chaîne centrale de la Papouasie. Une plaine d'altitude occupe le fond d'un ancien lac au centre des montagnes à 2800 m d'altitude. Ici les villages Papous sont donc particulièrement isolés, même à quelques kilomètres de Wamena, le chef lieux de la vallée.
De nos jours, Wamena, le point de départ de notre expédition, est une ville indonésienne étendue aux constructions anarchiques, mais dont la culture locale a su rester très présente. Le premier choc culturel qui frappe le touriste à la sortie de l'aéroport, c'est le contraste entre les Danis, nus, se rendant au marché de la ville ou remontant vers leurs villages isolés dans les montagnes avoisinantes et les Indonésiens « modernes » au volant de leurs motos à grand frais. Peu de Dani parlent l'indonésien, ce qui prouve une fois de plus que ces deux mondes vivent, encore de nos jours, à des milliers d'années-lumière les uns des autres et qu'ils ne se mélangent pas. Les tribus de la vallée de Baliem, que l'on regroupe sous le nom de Danis, se sont farouchement accrochées à leur coutumes traditionnelles, et les efforts investis pour les modifier, comme le programme destiné à faire oublier le port des célèbres gourdes à pénis, se sont avérés largement inutiles. D'une façon générale, les peuples de l'Irian Java n'ont aucune parenté ni dans le physique, ni dans la culture, ni dans la langue avec les Indonésiens malais et se rapprochent beaucoup plus des Aborigènes australiens. Nous sommes partis une dizaine de jours à la rencontre de ce peuple chaleureux et très hospitaliers : les danis. Les « guerres » tribales qui se déroulaient autrefois dans une ambiance « bon enfant » et étaient déclenchées la plupart du temps par des disputes à propos des femmes ou des cochons, appartiennent désormais au passé, bien que l'on puisse encore assister à certains combats. Désormais, les danis prennent un réel plaisir à revêtir leur tenue de guerre pittoresque, grande source d'amusement et de fierté, visant généralement à impressionner non seulement leurs adversaires, mais également leurs femmes ! Dans l'un des villages que nous avons traversés, nous avons assisté à un simulacre de guerre avec 40 guerriers. Une fête pittoresque réunissant tout le village a suivi le « combat. Les hommes portent des coiffes en fourrure de petits marsupiaux ou de plumes de coqs, des parures de perles, des ornements en os à travers les narines percées, des bracelets végétaux et surtout leur étuis pénien « HORIM » fabriqués avec des calebasses spéciales séchées. Ils s’enduisent aussi de peintures blanche, noire ou ocre . Les peintures sont à base de graisse animale mélangée avec de la cendre grise, de la terre rouge ou du charbon de bois noir. Autour du cour, le bavoir est fait de coquillages cousus sur de l’écorce tressée pour se protéger des esprits. Les femmes portent une jupe faite de plusieurs cercles de tresses végétales bien au dessous de la ceinture. De leur coté les hommes nous montrent leur habileté et précision au tir à l'arc.
La Nouvelle-Guinée est réputée pour ses coupeurs de têtes, qui ont si longtemps effarouché un Occident toujours plus prompt à s’émouvoir sur ce genre de « sauvagerie» que sur les atrocités qu’il n’a cessé de commettre tout au long de son histoire. Aujourd’hui elle est officiellement éteinte, mais dans le secret des forêts, notamment en Irian Jaya, des têtes continuent épisodiquement de tomber lors de guerres tribales. Couper une tête répond à une triple exigence : obtenir la puissance qui assure la perpétuation de la vie, diminuer les forces des ennemis, récupérer pour soi-même ce qui, chez l’autre, est dangereux ou fait peur. De nos jours, les jeux guerriers ont remplacé la guerre, et le cannibalisme, courant autrefois dans certaines tribus, a été interdit. Le dernier cas officiel a été recensé par des missionnaires, en 1988, mais il existe encore certainement des contrées inexplorées où cette coutume persiste.
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