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Phyto-culture en Indonesie

La production d’algues Eucheumas en Indonésie a pu atteindre son niveau actuel grâce à la culture fondée sur leur rapide régénération à partir de fragment d’algues. Elle se pratique en mer sur des cordes simples ou des filets. Elle fait vivre en Indonésie de nombreuses familles de fermiers marins avec un revenu comparable aux agriculteurs. La phyto-culture (culture d’algues) est née d’un vaste programme de recherche et de développement dirigée et financé par les Etats-Unis dès 1967, époque où les stocks naturels étaient menacés en raison d’une surexploitation mais ressenti comme une source de richesse et d’emplois.
A Nusa Lembongan, une petite île situé à 11 km au sud est de l'île touristique de Bali en Indonésie, la majorité des 7 000 habitants se sont spécialisés dans la culture d'algues afin de répondre à la demande des laboratoires de cosmétique et procédé thérapeutique asiatique de Hong Kong principalement. Le niveau de vie a considérablement augmenté pour ses paysans autrefois confinés à la culture des haricots, cacahuètes ou encore des bananes. Aux premiers abords, les lieux ne présentent qu'un chaos végétal constitué principalement de mangroves et de plages de sable blanc. L'économie de l'île ne semblait ne pouvoir se développer qu'avec l'afflue limité de quelques surfers australiens en quête de vagues importantes et de sensations fortes. Et pourtant … Cette île a été une des premiers exemples en Indonésie de culture intensive d'algues et un modèle pour de nombreuses communautés. Ici, ce développement lancé en 1986 dans le contexte environnemental, social et économique s'est avéré un challenge pour une implantation à fins industriels.
Ici, l'imposant volcan du Gunung Agung à l'est de Bali domine le paysage du haut de ses 3150 m et semble veiller aux destins de ses villageois. La barrière de corail éloigné d'un bon kilomètre de la côte n'épargna pas quelques navires marchants venue s'échouer sur son récif, mais offre une aire de culture maritime idéale à l'abri des sautes d'humeur des saisons tropicales et des forts courants du détroit. Quand la marrée descendante abaisse le niveau des eaux, se dessine progressivement des cultures d'algues soigneusement compartimenté dans des zones rectangulaires occupant tout l'espace disponible de la plage jusqu’aux récifs coralliens. Cette culture focalise toute la vie économique de l'île et tout le nécessaire à la vie quotidienne doit être importé du marché de Denpasar à Bali.
Sur les plages, aux abords des habitations des cultivateurs, l’air est empreint de l’odeur dégagée par les parcelles d’algues multicolores mises a sécher à l’air libre. Par évaporation est réduite la salinité de celles-ci. La nécessite pour les organismes végétaux de recevoir une certaine quantité de lumière permettant la photosynthèse est ainsi accéléré. Ces algues dites photophiles ont besoin d’une quantité de lumière importante, mais elles ne puisent leurs éléments nutritifs que dans l’eau de mer. Ainsi se prolonge un inlassable cycle d’immersion-émersion jusqu’à ce que l’algue arrive à maturité avec toutes ses composantes chimiques nécessaire à son exploitation commerciale.
Quand les premiers plans furent importé de Bali, les poissons et les tortues venaient les manger. Il a fallu ériger des filets au niveau de la barrière de corail afin de préserver l'enclos. Puis une deuxième tentatives se solda par un échec suite à des vagues importantes venue la détruire. L'aspect spirituel fut alors abordé par la communauté. On considéra que cette algue venue de l'extérieure était mal perçue des esprits. Ici, l’hindouisme est de rigueur. Une enclave au coeur de ce pays musulmans à 90%. Des membres des autorités gouvernementales appuyant ce projet furent conviés aux cérémonies. Des offrandes accompagnées de sacrifices de cochons et de poulets furent offertes à la mer afin d'apaiser les esprits néfastes. Depuis le projet se concrétise et le commerce prospère.
Parfois les cueillettes sont prolifiques. En 45 jours, une section de 100 grammes d'algues peut atteindre jusqu’à 1 kilo. Les spécimens les plus fiables sont coupés en plusieurs morceaux puis replantés sur les cordelettes dans le lagon. Les fermiers peuvent maintenir un cycle continue de replantassions, mais ils encourent certains risques au moment des moissons. Une attention rigoureuse et un suivi des évolutions climatiques est observé. Une grosse pluie peut par exemple modifier la salinité et la température de l'eau. Une maladie connue sous le nom de " ice-ice " cause parfois des ravages. Les membranes de l'algue se disloquent alors et sont emportées par la marée. Si l'algue enfle trop, il s'avère difficile de la faire sécher pendant la saison humide. Aujourd'hui cette culture abondante à généré de la concurrence. Le développement du tourisme cherche à récupérer ces parcelles de cultures afin d'offrir à sa clientèle étrangère une plage en eau calme aux pieds des hôtels. Certains ont pourtant cédé devant la pression.
La production mondiale d’algues, qui est de l’ordre de 30 000 tonnes, résulte pour près des 3/4 de la production d’Eucheumas ; la France, avec une production de 4 000 tonnes environ, est exportatrice grâce aux traitements d’Eucheumas indonésiens. L’industrie française espère beaucoup, à la suite d’expérimentations très avancées, qu’une culture de cette algue en bassin accroisse sa capacité de production. En effet cette algue présente un très grand pouvoir de multiplication végétative à partir de fragments.