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Boxe - exemple cubain ou éthique pugiliste
Cuba est considérée comme le pays présentant le meilleur potentiel sportif au monde. Aux derniers championnats du monde d'athlétisme en Grèce, ils terminaient troisième en rafflant toutes les médailles d'or aux sauts. Mais c'est dans une autre discipline qu'ils se distinguent particulièrement : la boxe dite "anglaise".
Le système socialiste cubain interdit le sport professionnel, et contraint donc les boxeurs à évoluer dans le monde amateur. Le circuit international professionnel étalonné sur des normes nord américaines, les prive de renommée mondiale. Et pourtant !...Aux jeux olympiques d'Atlanta en 1996, ils remportèrent dans les neufs catégories que constituent la boxe, quatre médailles d'or et trois d'argent, dont Felix Savon cinq fois champion du monde amateur.
Sur cette île que l'on nomme souvent la perle des Caraibes, plus pour son climat ensoleillé que pour les conditions de vie de ses citoyens, les disciplines sportives constituent vite pour le jeune cubain une raison de vivre, de s'exprimer, de s'"extérioriser". Rapidement il va être pris en charge et encadré par un entraîneur dans un des nombreux gymnases aux périphéries des grandes villes, dans les quartiers défavorisés à majorité noirs. Sur les dix millions d'habitants que compte l'île, douze pour cent environ sont noirs, descendants des esclaves africains déportés aux temps de la colonisation espagnole. Ils vivent en grande partie à l'extrême Est de l'île, "là où l'Afrique est la moins loin". Dans les faubourgs pauvres de Santiago (deuxième ville du pays), l'âme africaine y est vraiment présente. Dans un gymnase du quartier excentré de Veguita de Galo à Santiago, des gamins turbulents s'échauffent avant l'entraînement de boxe. Ils savent que leur sont imposées discipline et rigueur et qu'ils grandiront rapidement s'ils persévèrent dans ce milieu rude. Leur entraîneur de réputation nationale, a vu passer de nombreux champions dont Felix Savon, Vinent Charon, Carrion Olivares,... Déjà des experts les suivent régulièrement afin d'entrevoir pour les meilleurs de futures prises en charge à l'académie de boxe située de l'autre côté de la ville. Là, ils deviendront aptes à combattre au niveau provincial puis national. Les entraînements sont soutenus, les techniques développées et l'approche psychologique, composante essentielle dans le sport cubain, renforcée. Le matériel disponible est dérisoire voir archaïque pour une académie, mais la planification nationale dans le contexte de survie de la révolution impose la débrouille. Les pneus usagés de tracteurs deviennent "punching ball", les gants de boxes sont rembourrées de chiffons. Parfois on préfère s'entraîner pieds nus comme autrefois. D'ailleurs au visiteur, le directeur, délicatement, demande un geste en faveur des boxeurs pensionnaires, quelques tubes de dentifrice. On se prépare pour le championnat provincial qui reprend le week-end et on se réjouit de la venue du champion mondial Carrion Olivares pour le combat d'ouverture.
L'identité nationale qui passe inévitablement par la révolution castriste actuellement en pleine déroute, semblerait renforcer la détermination des champions cubains sur la scène internationale, mais c'est dans un autre domaine que l'exemple cubain fait sa véritable force. Tandis que dans les pays riches, sport rime trop souvent avec argent, rentabilité, matériel de haute technologie, pressions psychologiques (médias, sponsors,... ) ou dopage, les cubains eux, ont privilégié l' encadrement humain, la rigueur et peut être l'amour de la patrie comme critère de réussite.
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