Les Mokens auraient migré depuis le sud de la Chine, il y a quatre mille ans. Après avoir traversé la Malaisie, ils se seraient dissociés d’autres groupes à la fin du XVIIe siècle. Leurs ancêtres vivaient dans des villages sur la terre ferme de la péninsule malaise et travaillaient les champs. Puis vinrent les hordes birmanes par le Nord et, rapidement, les Malais du Sud les harcelèrent. Ils furent alors contraints de se réfugier sur la côte. Ils commencèrent à utiliser de simples pirogues. Face aux persécutions grandissantes, ils se réfugièrent alors dans les iles de l’immense archipel des Mergui. Pour se protéger des menaces des animaux sauvages de la forêt tropicale, ils s’établirent le long des côtes mais se tournèrent rapidement vers la mer pour y puiser leur alimentation. Pourchassés jusque sur ces iles, ils n’eurent qu’une solution : prendre la mer. On ignore leur nombre exact. Citoyens des pays où ils vivent, ils n’en sont pas moins ostracisés au même titre que les étrangers. Les anthropologues estiment leur nombre à environ trois mille, répartis entre la Thaïlande (cinq cents) et la Birmanie (deux mille cinq cents). Ceci sans compter les anciens nomades marins sédentarisés au fil des décennies suite à l’exploitation touristique. En Thaïlande, on les appelle chao ley (peuple de la mer). Ils occupent aujourd’hui l’archipel des Mergui, qui compte environ huit cents iles éparpillées sur quatre cents kilomètres dans la mer d’Andaman, le long des côtes du Myanmar (ex Birmanie). Ils sont apparus progressivement dans les eaux que se disputèrent longuement les Siamois et les Birmans, il y a deux siècles environ. C’est dans « A Primer of the Selong Language », lecons publiées à Moulmein par l’American Baptist Mission Press, que le mot « moken » apparait pour la première fois. Selon les chroniques, les missionnaires auraient abandonné leur mission, découragés par les nomades mokens, rétifs à l’évangélisation.

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