Ces dernières années, plusieurs dizaines de milliers de birmans se sont exilés pour se réfugier en Thaïlande. Le phénomène s’est accentué depuis la révolte des moines en septembre 2007 suivi de la sanglante répression de l’armée. Issus, en grande partie, des minorités ethniques persécutées par la junte militaire au pouvoir, beaucoup trouvent asile en Thaïlande, dans les camps de réfugiés. Les autres, sans papiers, sont voués à une vie de clandestinité, dans un pays corrompu et à la merci d’entrepreneurs sans scrupules. A la pointe sud de la Birmanie, la ville de Victoria Point est un lieu de transit important pour les candidats à l’exil. Nous sommes à l’embouchure de la rivière Kraburi. De l’autre coté du delta, la ville de Ranong, côté thaïlandais, reste l’objectif à atteindre. Une zone migratoire sous haute surveillance militaire. Une fois à Ranong, beaucoup de clandestins sont envoyés dans des camps de travail et vers les ports de pêche, en quête de mains d’œuvre.
    A une centaine de kilomètres au sud de Ranong, le petit port de Khuraburi face à la mer d’Andaman, donne le ton. Ici vivent exclusivement des clandestins que la police surveille étroitement. Une main d’œuvre disponible, bon marché et peu encline à la revendication pour la trentaine d’armateurs du port. Leurs bateaux sillonnent la mer inlassablement. Je suis parti en mer sur un de ces chalutiers. A son bord, trois générations de birmans se côtoient. Ils sont des ethnies Mon, Karen, Shan mais aussi Birmane et viennent du Sud du pays, via Ranong. 28 birmans payés 200 baths (4 euros) pour 48 heures d’un travail harassant. Remontées de filets incessantes, lestage corporel du filet en pleine mer (pour éviter que le filet s’emmêle), manutention… Faute de lotissements à quai, beaucoup travaillent, dorment et mangent sur ce petit chalutier en permanence. Ils se sacrifient et subviennent ainsi aux besoins de leur famille restée au pays. Sans avancée démocratique en Birmanie, leur situation est bloquée.

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