L’ethnie Vezo, qui vit sur les côtes sud-ouest de Madagascar, le long de la grande barrière de corail, suscite la curiosité. Marine et semi-nomade, son existence est teintée d’une mythologie universelle, évoquant Poséidon et Ulysse. Les Vezos nouent avec la mer une histoire d’amour sans fin. Alternant sédentarité terrestre et mobilité maritime, ils semblent en symbiose avec la nature, exploitent avec habilité et fugacité les ressources de leur environnement. Contrairement aux dix-sept autres tribus de la grande ile qui possédaient royaumes et chefs souverains, ils n’ont jamais régné sur terre. Toujours à la recherche de côtes plus vierges, de mers plus riches, ils donnent aux étrangers de passage l’impression de ne jamais vouloir s’arrêter. Aujourd’hui encore, les gens de l’intérieur les considèrent comme des vagabonds. En 1992, lors de la grande famine qui s’abattit sur le sud malgache, une équipe du Programme Alimentaire Mondial tenta de dénombrer la population Vezo, en comptabilisant par avion leurs pirogues sur le littoral. Ils en déduisirent que ce peuple représentait à peine 1 % des dix-huit millions d’habitants de l’ile. Leur pêche traditionnelle est aujourd’hui « concurrencée » par la pêche industrielle asiatique dans le canal du Mozambique. Cette exploitation intensive, qui raréfie les espèces, incite aussi ces nomades à prendre des risques accrus, en plongeant de plus en plus profond, ou en dirigeant leurs pirogues trop loin vers le large.

    Texte (1000 – 1500 mots) et reportage photo complet, sur demande.