Les géologues du XIXe siècle imaginèrent qu’il y a des millions d’années, une ile-continent occupait une partie de l’Océan Indien, avec sa faune protégée. Ils la baptisèrent Lémurie, du nom des lémuriens, espèce observée à Madagascar, qui existe ailleurs à l’état fossile. Avec les progrès de la connaissance de la dérive des continents – c’est bien l’Inde qui se serait détachée de Madagascar – l’hypothèse de la Lémurie, continent englouti, est aujourd’hui abandonnée. Elle témoigne en tout cas de la curiosité qu’a suscité la faune de Madagascar, une des plus riches et des plus surprenantes au monde. Car cette ile longtemps inoccupée par l’homme a gardé ses espèces endémiques. Certes, l’instinct prédateur des premiers habitants a eu raison de quelques variétés autochtones : hippopotames pygmées, lémuriens de très grande taille, oiseaux-éléphants (Aepyornis)… Premiers outrages à une nature jusque-là relativement épargnée. Mais on trouve encore à Madagascar la moitié des espèces de caméléons du monde, de très nombreuses variétés de batraciens, reptiles, mammifères, volatiles en tout genre. La forêt a encore gardé tous ses mystères. Le mimétisme de certains lézards et autres reptiles y atteint la perfection. On trouve enfin ce qui fait l’orgueil de la faune malgache : une cinquantaine d’espèces de lémuriens. On recenserait ainsi jusqu’à 200 000 espèces vivantes dans l’ile, dont 80 % sont endémiques. Pour tous ces survivants, Madagascar reste le dernier refuge.

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