La FCE (Fianarantsoa – Côte Est), ce sont 163 km de voies reliant Fianarantsoa, capitale du pays Betsileo, à Manakara, ville côtière de Madagascar. Construite entre 1926 et 1936 par les Francais, elle traverse un des plus beaux paysages du pays lors de sa descente des hauts plateaux jusqu’à la mer. L’aventure du rail à Madagascar remonte à la fin du XIXe siècle, car la Grande ile devint colonie francaise. La ligne appelée « Tananarive Côte Est » fut la première à entrer en fonction, dès 1909. Elle est aujourd’hui hors service, faute d’entretien. Quelques mois après la prise de Tananarive par les forces coloniales en 1886, l’Etat francais créa une nouvelle entité juridique, la Société Auxiliaire de Colonisation, dont le but était de créer une liaison terrestre directe entre Fianarantsoa et la Côte Est. Cette communication devait être une route à péage, et ultérieurement un chemin de fer aboutissant à l’embouchure du Faraony. Les pionniers de la FCE avaient à affronter la nature : traverser et débroussailler d’immenses forêts, attaquer des rochers avec les pics et les barres à mine, transporter le matériel au milieu de troncs d’arbres et de branches, dans l’eau stagnante et la boue. Certains ouvrages sont là pour témoigner de la prouesse technique mais aussi des difficultés qu’ont dû surmonter les milliers d’ouvriers qui prirent part à la réalisation de la ligne : beaucoup ont payé de leur vie le défi lancé par les colons… Aujourd’hui encore, dès le départ en gare de Fianarantsoa ; la FCE semble se frayer un chemin à travers un pays bouleversé, de pentes abruptes à des monts élevés, présentant des vues panoramiques époustouflantes. Jalonné de 67 ponts et 48 tunnels, c’est un des chemins de fer les plus raides du monde – avec ceux d’Equateur et de Birmanie. Le voyage dure entre 8 et 10 heures. La voie, fortement endommagée par les cyclones Eline et Gloria au début de l’année 2000, a été depuis nettoyée et reconstruite récemment. Aujourd’hui, la VFE reste l’unique moyen de transport pour désenclaver les villages et développer l’économie de subsistance locale.

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