Un papillon producteur de soie « sauvage » vit à Madagascar : c’est un bombyx endémique, dont les chenilles sont appelées plus généralement « vers à soie ». De couleur noir mat, elles se nourrissent de feuilles de tapias pendant près de trois mois avant de s’envelopper dans un cocon. Ces derniers sont alors ramassés par les villageois pour en extraire la soie.
    L’industrie de la soie à Madagascar est très ancienne. Les premiers Européens qui visitèrent les hautes terres au XVIe siècle, découvrirent cette vieille tradition. La soie obtenue est unique et certains hauts couturiers internationaux ont réalisé des créations à partir de ces tissus. À Madagascar ils sont principalement utilisés pour la confection des « lambamenas » ou linceuls, portés par les paysans et utilisés lors des cérémonies de retournement des morts. C’est dans la région d’Ambositra, au coeur du pays Betsileo, que se concentre cette activité traditionnelle qui fait vivre de nombreuses familles. Le tissage sur des métiers artisanaux, permet d’obtenir des soies d’une belle densité, jusqu’à 200 gr/m2 – alors que les soies classiques chinoises ou indiennes ont des densités de 30 à 40 gr/m2. Les teintures naturelles sont elles aussi locales et sont issues de divers végétaux (poudre d’écorce, etc…). Aujourd’hui, l’activité de tissage malgache est plus intense, afin de répondre à une demande sans cesse croissante. On trouve sur les marchés des étoffes d’une qualité moindre, mais aussi moins coûteuses que celles issues de la soierie traditionnelle.

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