À Madagascar, le monde des ancêtres côtoie quotidiennement celui des vivants. C’est un fondement de la société malgache. Partout, l’hommage aux ancêtres est fervent et rien ne s’accomplit ici-bas sans le consentement de ces figures tutélaires. Cette intimité entre morts et vivants s’affirme avec force lors des traditionnelles cérémonies du Famadihana, le grand retournement des morts, régulièrement organisé par les familles, dans une périodicité qui varie de cinq à sept ans. Ce rituel observé dès le XVIe siècle est sans doute importé des coutumes funéraires d’Asie du sud-est. Il est surtout pratiqué au coeur des Hautes Terres où, souvent durant la saison sèche, de grandes fêtes voient l’ouverture des tombeaux et la danse des vivants avec leurs morts. Ici, le mpanandro, astrologue et médium, est convié à un fomba, une cérémonie durant laquelle les ancêtres sont sollicités. La date est fixée, les festivités engagées, les membres de la famille se cotisent ; au village, un zébu est sacrifié. Trompettistes, flûtistes et percussionnistes ouvrent la route, l’orchestre entraine le cortège vers le tombeau familial. Au milieu des rizières ou au sommet d’une colline, les sépultures, isolées, sont toujours situées dans des lieux paisibles. Rassemblée autour du tombeau, la foule se recueille. L’entrée du caveau est dégagée. Un a un, les corps dans leur linceul sont sortis et déposés sur une vaste natte à même le sol. Les parents offrent à chaque ancêtre un suaire neuf. On y glisse des cadeaux : bouteilles de rhum, photos, argent, cigarettes.

    Texte (1000 – 1500 mots) et reportage photo complet, sur demande.