Il faut remonter très loin dans le passé pour retrouver l’origine du papier Antaimoro. Un manuscrit Arabico-Malgache, conservé à la bibliothèque Nationale de Paris et daté du début du XVIe siècle, atteste de la première immigration arabe à Madagascar ; celle-ci remonterait même, croit-on du VIIe siècle au IXe siècle de l’ère chrétienne. Un boutre venu d’Arabie, dit la légende, fit naufrage sur la côte sud-est de Madagascar, là où le fleuve Matitana se jette dans l’Océan Indien. Les Arabes, ne pouvant regagner leur pays, se fixèrent chez les Malgaches où ils firent souche. Les rois actuels du district de Vohipeno seraient leurs descendants directs. La civilisation arabe, plus avancée que celle des habitants du pays, leur permit d’exercer sur ces derniers une influence qui survit encore. Ces Musulmans avaient conservé leur Coran, qu’ils voulurent reproduire. La fabrication du papier leur était familière : ils cherchèrent une plante susceptible d’être utilisée à cet effet. Ils découvrirent l’ « avoha », arbuste poussant à l’état sauvage, dont la fibre, plus solide et plus belle que l’alfa des bords du Nil, leur permit de réaliser un papier sur lequel ils transcrivirent leur manuscrit sacré. La pâte tirée de cet arbuste était séchée sur les feuilles de bananiers, donnant un papier cartonneux, rudimentaire mais solide. En 1930, un francais, Pierre Mathieu, installé à Madagascar depuis de nombreuses années, relanca la fabrication de ce papier malgache, qui reste, d’après la tradition populaire, doté de pouvoirs magiques. Aujourd’hui, le papier Antaimoro, reconnaissable à sa qualité, son originalité et à sa beauté, entame sa deuxième vie.

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