Dans le grand sud malgache, le long de pistes cahoteuses, les Mahafaly érigent leurs incroyables tombeaux. Etrangers au sort que nous assignons à nos sépultures, reléguées hors-champs, les hommes qui vivent ici ont choisi d’offrir les demeures des morts à tous les regards. Surgis du bush poussiéreux et monotone, ces monuments offrent un saisissant contraste, un monde de couleurs et de finesse. Pour ce peuple d’origine bantoue, fier et à l’existence rude, il n’y a de vie qu’après la mort et le confort des ancêtres semble valoir tous les sacrifices. Ici, les imposantes sépultures côtoient les hameaux isolés constitués de simples huttes de branchages. La base est formée d’un amas rectangulaire de pierres d’une quinzaine de mètres de côté pour un mètre de hauteur. L’enceinte est plantée de crânes et de cornes de boeuf sacrifiés lors des funérailles. C’est un double profit pour la communauté : le cheptel sert à nourrir les vivants conviés à la cérémonie et accompagne ensuite le défunt dans l’au-delà. Les Mahafaly honorent leurs morts avec beaucoup de soin et leurs tombes sont préparées selon des rites très précis. Les Aloalos, frêles poteaux funéraires aux motifs traditionnels, surplombent ces sépultures massives. À leurs extrémités, des représentations de scènes quotidiennes ou des traits de caractère du défunt, figurés dans un style que l’on qualifiera de « naïf » ou « brut », toujours saisissant : on voit ici un zébu, là une bicyclette, un avion. Cet art funéraire d’une réelle créativité semble se déployer sans contrainte de style, ni de motifs. Ici, tout semble signifier que la vie n’est que passage. Et que ce qui fut acquis dans ce monde doit être sacrifié pour les ancêtres et le créateur : Zanahary.

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