La côte Est malgache est la plus poissonneuse, mais aussi la plus enclavée de l’ile. Les méandres des fleuves ont faconné d’innombrables lacs et étangs. Au XIXe siècle, le roi Radama 1er eut l’idée de relier entre elles toutes ces voies d’eau par un canal. Les colons francais ont réalisé ce projet un siècle plus tard. Ils ont entrepris, à la fin des années 1940, de réunir cette succession d’estuaires le long de la côte pour en faire une voie de navigation nord-sud plus sûre que l’océan, très agité et dangereux. Le canal des Pangalanes s’étend alors sur 700 kilomètres de Foulpoint au nord, à Farafangana au sud, tantôt sous forme de lacs, tantôt en un canal étroit. La partie nord du canal est encore aujourd’hui fonctionnelle et sert toujours à acheminer les produits d’exportation vers le port international de Tamatave. La partie sud, elle, semble s’être laissée aller aux humeurs de la nature. Dans une végétation touffue, de minuscules canaux, dont certains ne sont praticables que quatre mois par an, durant la saison des pluies, parviennent encore à désenclaver les villages isolés. S’enfoncant dans ce dédale, on part à la rencontre des communautés les plus reculées sur une frêle langue de terre coincée entre la mer et le canal. Les villageois y pêchent le requin ou l’huitre sauvage côté mer, la crevette ou le tilapia coté canal. Sortir au large est ici un exploit quotidien. La barre est forte, et la haute mer dangereuse. Quand elle se refuse, les hommes jettent leurs filets dans le canal près de l’embouchure des nombreux fleuves et rivières.

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