La capitale de Madagascar ne ressemble à aucune ville au monde. Ses habitations sont construites en briques et s’étalent sur un ensemble de collines qui dominent des rizières. Le bois étant rare sur les hautes terres, les Malgaches ont très tôt développé la briqueterie. Deux types de terre sont utilisés à Madagascar pour la fabrication : l’argile et la latérite. La technique est traditionnellement restée la même. On prépare d’abord la pâte à base d’argile ou de latérite mélangée avec de l’eau. La terre est calibrée dans des moules en forme de parallélépipèdes, puis séchée au soleil. Les briques rouges sont utilisées rapidement, tandis que celles faites en argile nécessitent une cuisson d’environ 48 heures. Elles sont superposées dans un four et cuites avec l’écorce de riz, le paddy. Aujourd’hui certains paysans préfèrent fabriquer les briques, qui offrent une source de revenu rapide, plutôt que d’entretenir les rizières, qui imposent des mois de patient labeur et dont le rendement est aléatoire. La réalisation d’une petite case sur les hautes terres demande environ 20 000 briques, jointes entre elles au moyen de boue et d’eau. Dans les environs proches de la capitale, et partout dans le pays au bord des routes, les fours à briques font partie intégrante du paysage. Ils sont montés en blocs compacts atteignant parfois plus de 120 000 pièces. Une douzaine de personnes et une bonne semaine de travail sont nécessaire à leur élaboration. Le four achevé, il ne reste plus qu’à allumer les cavités communiquant avec des cheminées intérieures, puis à laisser cuire.

    Texte (1000 – 1500 mots) et reportage photo complet, sur demande.