Les Indonésiens ont peur de la mer. Elle est source de malheurs, refuge des mauvais esprits. Mais il faut bien composer avec ses caprices car elle est nourricière. Il faut l’amadouer par des offrandes, les bateaux eux mêmes ayant des allures de cadeaux.
    A Bali, comme ailleurs, il y a le peuple de l’intérieur et celui du littoral. Deux cultures, deux mondes, que tout ou presque sépare. Les pêcheurs sont donc des gens à part. Ils héritent d’un métier qui se perpétue de père en fils. A l’Est de Bali, la majorité d’entre eux utilisent les « prahus » traditionnels, embarcations à double balanciers, et s’éloignent peu des côtes. Ce sont les navigateurs de Polynésie et de Mélanésie qui ont inventé ce type de pirogue, ancêtre du trimaran. Appelés « praos » dans le Pacifique, ils sont en bois et allient rapidité, légèreté, rusticité. Ils sont faciles à construire et à réparer. Sur les plages de sable noir de l’Est balinais, des centaines de « prahus » multicolores sont posés sur les plages des criques de ce littoral accidenté. Ces communautés de pêcheurs ignorent l’imposant volcan Agung, culminant à 3142 m, qui, par le passé, causa tant de malheurs. Chaque matin, ils affrontent la mer. D’un tirant d’eau très faible et d’une grande légèreté les bateaux fusent sur la mer d’huile, rapportant chaque soir barracudas, thons ou « red snapper », un cousin de la dorade.

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