La pasola est un des derniers tournois de type médiéval au monde. Il se déroule sur l’ile de Sumba. Il est lié au cycle agraire et a lieu dans quatre villages de l’ile. La date exacte est fixée par les prêtres dès après l’arrivée sur les côtes de vers marins appelés nyales. En sumbanais, Pa signifie « homme seul » et Sola « javelot de bois ».
    Le rituel de la pasola consiste en un tournoi à cheval qui oppose des cavaliers de différents villages. Ces affrontements sanglants trouvent leurs origines dans l’histoire de l’ile. Autrefois, des guerres tribales éclataient sous de futiles prétextes. Un simple désaccord sur la dot d’une épouse suffisait à envenimer les relations de voisinage et les querelles ne pouvaient se résoudre que par des combats à mort.
    Au XVIIe siècle, les missionnaires de la Société des missions étrangères, créée à Paris en 1658, ayant pour vocation d’évangéliser la Chine et le Sud-Est asiatique, s’efforcèrent de canaliser la violence et encouragèrent les Sumbanais à organiser une seule joute annuelle, la pasola. Cette cérémonie n’en demeure pas moins tragique : de nombreux cavaliers y trouvent la mort ou sont grièvement blessés.
    Récemment, le gouvernement indonésien a décidé d’intervenir, en interdisant l’utilisation de lances aux pointes d’acier au profit de javelots de bois. Des gardes surveillent désormais les combats, prêts à user de leur fusil si une charge entre deux villages dégénère. Les chevaux sont superbement parés et les cavaliers revêtent le traditionnel kaïen ou ikat, une pièce d’étoffe colorée qu’ils nouent autour de leurs hanches. A leur ceinture, ils glissent le parang, une machette à poignée d’ivoire ou de corne, transmise de père en fils – une arme redoutable dont la valeur dépend du nombre de têtes qu’elle a tranché.
    Cette joute a également un sens religieux. Dans la culture Marapu, la pasola est une cérémonie sacrificielle, destinée à demander aux esprits pluies et fructueuses récoltes. Au cours des combats, le sang des hommes devra couler pour fertiliser la terre. Mais si, par maladresse, un cavalier blesse un cheval, le mauvais sort s’acharnera sur tout son village jusqu’à la prochaine pasola.

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