Au cœur du relief volcanique de l’ile de Java, le musée ferroviaire d’Ambarawa abrite une collection de locomotives à vapeur. Trois locomotives centenaires, B25, B2502 et B2503 concues par le fabriquant allemand Esslingen entre 1902 et 1906 circulent encore. Ces trois modèles sont en excellent état avec la plupart de leurs pièces d’origine.
    Dans les années 30, on comptait plus de cent cinquante fabriques sucrières dans l’ile. Les hollandais, puissance coloniale, ne possédaient pas d’industrie ferroviaire et importèrent des machines d’Allemagne. Le développement du transport routier met fin en 1970 au parcours Yogyakarta-Ambarawa et en 1986, la traction à vapeur disparait d’Indonésie. La ligne Ambarawa-Bodono-Jambu, sur à peine trente kilomètres, transporte des passagers en leur projetant des escarbilles. Elle sillonne les rizières verdoyantes nichées aux pieds des volcans (l’ile en compte plus d’une centaine) pour gravir ensuite des collines couvertes de végétation tropicale.
    Le train s’élance, quitte la proprette gare d’Ambarawa. Nous sommes à plus de 700 m d’altitude et le climat est un brin plus agréable que dans la plaine. Le train franchit un pont métallique gris et rouille, émergeant à peine de la végétation. Entre deux bosquets de bambous, s’offre un panorama de rizières quadrillées et dominées par le dôme d’un volcan. Epoustouflant ! On en oublierait presque les soubresauts du convoi. Dans la locomotive les deux machinistes sont à la tache et gèrent tant bien que mal le stock de bois si précieux. Le sifflement aigu du train ne semble pas déranger les paysans se rendant aux champs. Le taux d’humidité dans l’air avoisine les 80% et implique, afin de prévenir de la rouille, un graissage régulier de toute la ferraille de ces vieux dinosaures. Les deux machinistes font frétiller les soupapes dont les soupirs de plaisir sont aussi des râles.

    Texte (1000 – 1500 mots) et reportage photo complet, sur demande.