L’Irian Jaya, à l’extrême Est, est la province la plus grande d’Indonésie, plus de 400000 km2. Une vaste chaine montagneuse traverse l’ile d’Ouest en Est et culmine à plus de 5000m. Avec seulement 2 millions d’habitants, répartis en de très nombreuses ethnies et tribus, la Papouasie occidentale reste très faiblement peuplée. Ici, les habitants n’avaient jamais eu de contact avec l’extérieur jusqu’à une époque récente. La rivière Baliem parcourt la chaine centrale de la Papouasie et traverse le cœur du pays Dani, un peuple chaleureux, farouchement attaché à ses coutumes.
    Un voyage au cœur de la Papouasie est un voyage dans le temps, vers l’âge de pierre. Les hommes ne portent qu’une courge évidée, longue et étroite pour protéger leur pénis. Les femmes se contentent d’une jupe de feuillage. Cette nudité surprend d’autant plus que nous sommes à 1600 m d’altitude et qu’il fait frais. Ils s’enduisent de graisse de porc et dorment les uns contre les autres. Les Danis disséminés sur les collines avoisinant la rivière cultivent fruits et légumes sur des parcelles irriguées. Comme beaucoup d’autres peuples primitifs d’Indonésie, ils vénèrent l’esprit des ancêtres. Parés de plumes d’oiseaux, les ailes et la cloison du nez percées de défenses de porcs sauvages et les lances affûtées, les Danis partent en guerre contre les villages voisins. Ces batailles visent à venger des proches tués au combat. Ces guerres pouvaient durer plusieurs années et ne s’arrêter qu’une fois le nombre de victimes égal de part et d’autre. Le cannibalisme rituel était une constante, une manière de s’accaparer les vertus des défunts.
    De nos jours, les jeux guerriers ont remplacé la guerre, et le cannibalisme a été interdit. Le dernier cas officiel a été recensé par des missionnaires, en 1988, mais il existe encore certainement des contrées inexplorées où cette coutume persiste.

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