Aux abords de la ville de Santiago à Cuba, en arrivant par la route, une « grande roue » figée de fête foraine abandonnée semble souhaiter la bienvenue aux visiteurs. Ce parc d’attraction est aujourd’hui à l’abandon, faute de moyens. Car à l’image de ce parc, le pays et sa révolution étaient alimentés exclusivement par l’économie russe qui redessina le paysage distractif cubain. Le durcissement du régime devenu socialiste aboutit à l’établissement de « l’offensive révolutionnaire » : le 13 mars 1967. L’activité privée fût interdite et les forains itinérants de génération en génération se retrouvèrent au chômage. Toute une tradition et un savoir faire festifs disparurent. L’URSS venait d’offrir à Cuba des parcs d’attractions flambant neufs, maintenance incluse, pour les trois principales villes du pays : La Havane, Camaguey et Santiago.
    Depuis quelques années, face au marasme économique, l’initiative individuelle a été à nouveau tolérée moyennant des impôts exorbitants décourageant souvent les plus audacieux. L’ONATP, l’organisme national des activités privées, a alloué des licences au compte goutte. D’anciens forains, devenus grands-pères, ont alors saisi l’aubaine. Ils ont rafistolé les manèges et ont repris la route pour le plus grand bonheur des enfants.

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