La veille des élections législatives partielles, le 1er avril 2012, les birmans fêtaient en masse cet évènement durement acquis et tant attendu depuis l’indépendance du pays acquise en 1948. La LND (Ligue Nationale Démocratique), parti créé par Aung San Suu Kyi, fille du père de l’indépendance était assurée d’une large victoire suite à la dissolution de la junte militaire en 2010. Ce soir-là, dans les faubourgs de Rangoon, aux abords des bureaux longtemps clandestins du parti, se lisait sur les visages une lueur d’espoir longtemps contenu. Dans une liesse collective, tout un peuple ému d’une soudaine liberté retrouvée, allait vivre une des plus longues nuits de leur histoire.
    Belle revanche et grande leçon de persévérance et de ténacité pour Aung San Suu Kyi qui remporta pourtant les élections libres en 1990. Elections annulées d’abord par la junte puis réprimées ensuite férocement par l’armée face au mécontentement général. Elle fut alors emprisonnée puis assignée en résidence surveillée tandis que la communauté internationale lui attribuait un Prix Nobel de la Paix.
    Aujourd’hui, son parti, la LND, remporte avec ce scrutin, 43 des 44 sièges qu’il briguait et devient officiellement la première force d’opposition du Parlement. Il s’agit d’une nouvelle étape dans le processus démocratique en cours et un début de réconciliation nationale.

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