Mandalay, la deuxième ville du pays, est une ville aux allures provinciales et au charme discret. Chaque matin pourtant, de bruyants hélicoptères militaires en décollent pour y revenir, plus tard, dans la journée. Saisissant contraste avec la ville appelée la « cité d’or » pour sa foi bouddhique. La ville compte plus de 150 monastères et près de 100000 moines. L’archaïsme des infrastructures et le délabrement avancé des habitations contrastent avec la tenue toujours impeccable des Birmans.
    Je parcours inlassablement, des journées entières, sous un soleil de plomb, les ruelles poussiéreuses, les rives du fleuve Irrawaddy et aussi certains ateliers de confection. Les enfants constituent ici l’essentiel de la main-d’œuvre pour les travaux les plus harassants. Dans ce pays, le budget militaire est 8 fois supérieur à celui de la santé et de l’enseignement. Dans un contexte de survie, entre économie dévastée et une scolarisation soumise aux conditions du régime, les familles n’envoient plus leurs enfants à l’école. Le tableau est si noir que le travail forcé effectué pour le compte de l’armée en devient presque la norme. Une armée qui est aussi le plus grand recruteur d’enfants au monde. Un quart de ses effectifs est composé de soldats de moins de 18 ans. Le labeur de ces petits bras de Mandalay n’est probablement que la partie émergée de l’iceberg birman à la dérive.
    Ma vision de la ville de Mandalay n’est pas seulement propre à tout pays en voie de développement, mais bien le reflet des décisions d’une poignée de généraux irresponsables s’étant accaparés tous les pouvoirs. Après des décennies d’oppression, le régime s’enfonce aujourd’hui dans la paranoïa, première étape, souhaitons-le, vers son inévitable chute et l’émergence de la démocratie et de la liberté défendue par la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

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